Quand on aime les carpes et les poissons en général on est forcément sensible à leurs reproductions, plus ou moins libres, par les artistes. Cette reproduction mécanique réalisée par un pêcheur français, Alain Peldziak, ne manque pas d'originalité. Et forcément quand on est carpiste on craque pour cette jolie carpe qui ondule naturellement... comme vivante.

Quand le technicien devient artiste

Car au delà de la prouesse technique réalisée par cet ébéniste c'est l'oeuvre d'un véritable artiste. Alain a su saisir l'identité de la carpe dans ce qu'elle a plus de plus singulier. L'attitude, chaque détail de sa morphologie, sa façon de se mouvoir, sa nonchalance font de ce poisson de bois un poisson vivant. Dans Pinnochio le pantin est si bien réalisé, avec l'amour de son créateur, que la sculpture prend vie. On s'attend ici aussi à ce que ce poisson de bois se métamophose en poisson de chair et regagne l'étang le plus proche.

Mécanique de précision

Bon, soyons clairs : il y a beaucoup de talent mais aussi beaucoup de travail. Car comme le chantait Brassens le talent sans travail n'est qu'une sale manie. Et côté travail notre Gepetto de Verdun ne s'est pas ménagé. Même s'il n'a pas compté toutes ses heures il estime que la conception et la réalisation de ce poisson ont demandé 900 heures de travail. Ce chef d'oeuvre est l'aboutissement d'une vie de travail car Alain est désormais en retraite. Après avoir été président d'une association de pêche il s'est lancé dans cette folle aventure : donner vie à une carpe de bois. Il faut dire que l'idée lui trottait dans la tête depuis de nombreuses années. La lecture de la revue "Le bois" avait fait naitre en lui l'idée. L'envie était là, il cogitait, seul lui manquait le temps. 

Marier les bois... de récupération

Puis la retraite venue il s'est lancé dans les plans, la récupération des pièces de bois nécessaires, la découpe, l'assemblage. Quand on voit l'harmonie de cette statue vivante on ne l'imagine pas mais les pièces proviennent essentiellement de récupération, jusque dans le mécanisme qui permet l'animation de l'ensemble qui n'est autre qu'un moteur de lave-glace automobile. Alain a su marier de nombreuses essences en fonction de leurs caratéristiques mécaniques... et esthétiques. C'est l'association habile de bois exotique (tête et caudale), de lamellé collé (ossature), de hêtre (mécanisme), de buis, de noyer et de merisier qui ont permis au miracle de se produire, à la vie d'éclore. Globalement, il fallait sélectionner des bois assez durs mais pas trop lourds.

Multi pêches

Pour saisir aussi finement ce qui fait la specificité du mouvement des poissons on se doute que cette artiste ébéniste a dû en croiser un certain nombre dans sa vie de pêcheur. Car bien sûr Alain est pêcheur depuis toujours : coup, anglaise, bolo, carnassiers et même surf casting pendant ses vacances à l'île de Ré. Il envoie un salut fraternel à tous les "Becbois" et Patacolle"...

 

Et nous, nous le remercions d'avoir ainsi régalé nos rétines.