Le vent du nord souffle toujours aussi fort en ce début de saison et, à l'aube, la température est tout juste au dessus de zéro. Petite sortie éclair aux appâts naturels sur la rivière qui coule à quelques pas de chez moi.

 

Après avoir passé et repassé une belle veine d'eau que je connais bien pour y avoir réalisé de jolies pêches, le constat est sans appel : aucune touche même la plus infime.

Le froid ayant raison de moi, je suis près à rendre les armes pour rentrer boire un bon café bien chaud et retrouver ma petite famille.

Je m'autorise toutefois une ultime dérive contre ce gros rocher noyé que j'ai repéré à l'étiage la saison dernière sur la berge opposée. Et vous l'aurez devinez, le miracle se produit : une touche !!!

Au ferrage le poisson tape fort au bout de la ligne en restant contre son refuge puis il dévale 30 mètres de rivière plus vite qu'il ne faut de temps pour le dire.

Il se calme en fin de lisse pour rester dans la fosse et soudain il lui prend l'envie de venir faire une petite visite sur ma berge, là où tout un tas de buissons et d'arbres morts trempent dans l'eau.

Je tente tant bien que mal de réduire la distance qui nous sépare afin de lui faire peur et de le rediriger sur l'autre berge beaucoup moins dangereuse pour ma ligne.

Juste à temps je lui fais faire demi tour et aussi rapidement qu'il a dévalé, il remonte maintenant la rivière en direction de son abri.

Je l'entraperçois sous un mètre d'eau mais trop furtivement pour que je puisse identifier mon adversaire du moment.

Cela fait maintenant près de 10 minutes que notre petit manège dure quant enfin il daigne se présenter devant mon épuisette.

Une belle surprise argentée qui m'aura réchauffé l'espace d'un instant...